FAIRE D’UN HÉRITAGE UNE ESPÉRANCE
L’histoire du DEJJ mérite d’être racontée aujourd’hui parce qu’elle éclaire, avec une étonnante modernité, des questions devenues centrales dans nos sociétés : la transmission, l’intégration, l’identité, le vivre-ensemble et la capacité à créer du lien dans un monde fragmenté.
Le DEJJ n’était pas seulement un lieu d’éducation ou de sociabilité ; il formait aussi des jeunes conscients que l’appartenance à une histoire et à une communauté implique une responsabilité envers les autres, envers Israël et envers les plus vulnérables.
En France, cette expérience témoigne d’une réussite de l’intégration : elle montre comment des populations déracinées ont su créer des espaces de reconstruction, de dignité, de fraternité et de transmission. Elle rappelle surtout qu’une société est forte lorsqu’elle parvient à transmettre le sentiment d’appartenir à une aventure collective plus grande que soi et à faire naître, entre ses membres, cette forme rare de bonheur partagé qui fonde le vivre-ensemble.
À une époque où les migrations sont souvent associées aux fractures identitaires, aux difficultés de l’intégration, au ressentiment, à la marginalisation ou à la violence, l’expérience du DEJJ montre qu’un autre chemin est possible : celui d’un enracinement nouveau qui ne passe ni par l’oubli de ses origines ni par le refus de la société qui accueille.
En Israël, cette mémoire résonne autrement. Elle interroge la capacité à faire société dans la diversité, à transmettre sans imposer, à préserver le dialogue et le sentiment d’un destin commun dans une société traversée par de fortes tensions.
Il importe que cette aventure humaine continue de vivre en nous comme une mémoire vivante, mais aussi comme une source d’inspiration pour penser le présent.